Chapitre deux: Ils sont là, tout près: «Une Sensation Étrange D'Être Épiée».
____Le réveil posé sur la table de nuit sonna. J'étais toujours de ce monde, encore en vie. Je soupirai de soulagement et je me demandai pourquoi je m'obstinais à toujours mettre cet appareil électronique en marche pour le lendemain puisque rien ne m'obligeait à me réveiller à cette heure si matinale. Je restai un moment dans mon lit, à scruter ma chambre comme chaque jours. Cela me passait quelques minutes. Je me rassurais toujours en me disant que si ils étaient là, je serais déjà sous leur emprise et c'est ainsi que je vivais depuis des années, dans la crainte. Cette crainte tout le monde la ressentait, tout le monde l'endurait comme il le pouvait sauf que des personnes ne la soutenaient plus.
____Je me levai et en repensant à la journée d'hier je me dirigeais vers la cuisine pour me préparer mon petit-déjeuner. Mon amie n'était pas encore debout. J'ouvris le placard et remarquai avec surprise qu'il ne restait plus grand-chose pour se nourrir, il faudrait aller faire le plein pour quelques mois.
____Le seul magasin à avoir resté ouvert se trouvait loin de là où nous habitions, à une quarantaine de minutes de marche sans problèmes bien évidemment. Généralement, on se mettait d'accord avec les voisins pour y aller tous en même temps, pour être plus nombreux. Le nombre fait la force.
____Maria arriva et se laissa choir sur l'une des chaises de la cuisine, comme chaque jour la conversation tournait toujours sur le même sujet, si on avait bien dormi et l'autre n'osait jamais dire non. J'étais sûre que pour elle comme pour moi que nous avons se problème avec l'ombre. C'était une sensation étrange d'être épiée par quelqu'un ou quelque chose que l'on ne connaissait pas. Une chose de plus que je voulais savoir l'origine. Je lui indiquai que les provisions commençaient à manquer et elle soupira sachant très bien qu'il faudrait y aller... et cette fois si nous serions que deux.
____Le petit déjeuner finit, je m'installai dans le canapé ayant une vue imprenable sur la ville tandis qu'elle alla dans sa chambre pour y faire je ne sais quoi. Le soleil était comme la veille au rendez-vous. Je pensais toujours à ce que je pourrais faire si ils n'étaient pas arrivés du jour au lendemain nous anéantir. Cela m'arrivait de repenser aux choses passées, les diners entre familles, les bêtises avec mes anciens amis, l'ennuie que provoquaient les cours et les professeurs, les fêtes toujours plus arrosées les unes que les autres. C'étaient de bons souvenirs, rien qu'à l'idée de ne pouvoir plus faire ce genre de chose me donnait envie de pleurer. Le soleil, lui brillait toujours autant et la chaleur allait encore une fois de plus être à son comble.
____Alors que j'allais commencer à lire un vieux livre déjà lu trois ou quatre fois, mais ne sachant quoi faire, c'était mieux de le relire que de rester là à ne rien à faire, à attendre que la mort vienne vous chercher, mon regard se posa sur l'étagère prés de la fenêtre. Il y avait beaucoup plus de monde que d'habitude à en entendre les bruits. Je me levai en déposant mon livre prenant soin de ne pas perdre ma page. Dehors, l'agitation était palpable. Il y avait des centaines de personnes. Prise de surprise j'appelai Maria. Quand elle fut à mes côtés je ne comprenais toujours pas ce qu'il se tramait à l'extérieur. Cette agitation, je n'en avais pas vu une de semblable depuis des années. Cependant, les gens paraissaient courir dans la même direction mais pour aller où? Était là la question. J'ouvris la fenêtre pour mieux percevoir les paroles des gens. On ne comprenait pas ce qu'ils disaient mais plus les secondes défilaient plus il y avait de gens qui descendaient dans la rue. Après avoir tendue l'oreille le plus possible j'arrivai à entendre:
-Ils ont trouvé un moyen!
-On va être sauvé!
Et cela finissait sur des menaces de mort à leur intention, toutes plus horribles les unes que les autres. Nous eûmes pas le courage de faire part de nos pensées que Maria et moi on courait déjà pour rejoindre tous ces gens et découvrir ce qu'il se passait réellement.
____Au pied de l'immeuble, nous nous arrêtâmes un instant. À cet instant, je ne savais pas si c'était mon imagination mais à travers la foule, sur le trottoir d'en face j'avais pu apercevoir une silhouette nous fixant et sans même bouger. Le seul problème était que j'avais l'impression de connaitre cette personne. Je ne cherchai pas qui elle était à cause de la foule qui m'emportait mon amie et moi vers une destination encore inconnue.
____Nous marchions depuis une quinzaine de minutes et je savais à présent où on se dirigeait.
-On va à la mairie, criais-je presque pour qu'elle m'entende.
-Pourquoi faire? Me demanda-t-elle sur le même ton.
Pour toute réponse, je haussai mes épaules et poursuivis notre route. La mairie apparut dans mon champ de vision. Sur une estrade, le maire positionné derrière un micro attendait de pouvoir commencé son discours qu'il avait écrit sur des feuilles blanches. Il n'était pas seul, autour de lui étaient postés des gardes ainsi que des techniciens. Les gens arrivaient toujours plus nombreux et bientôt toute la ville s'amassait sur la même petite place. Soudainement le silence s'installa alors que le maire avait levé son bras droit. Il prit la parole après avoir raclé sa gorge en s'avançant tout proche de son micro.
-Bonjour, j'irais droit au but. Les hauts dirigeants de chaque pays...
-Ils ne sont pas encore morts ceux là, s'étonna un homme à ma droite en faisant rire d'autres.
-... s'arrangeront avec leur chef pour signer un traité de paix, malheureusement nous n'arrivons pas à les joindre. Mais ne désespérons pas. Les statistiques prouvent que leurs attaques sont en baisses. Cela est un signe... D'ici les prochaines nouvelles, que Dieux vous bénisse.
Des questions fusèrent mais le maire était déjà en sécurité derrière les murs de la mairie. Certaines personnes transcrivait une sensation heureuse à cette nouvelle, d'autres étaient réticentes et certaines avaient un rictus haineux, coléreux. Comment pouvaient-ils croire à une paix entre nos peuples si différents? Comme si ils arrêterons leurs attaques sur demande. Si nous voulions que tout cela cesse, il faudrait les exterminer jusqu'aux derniers.
____Tout le monde faisait demi-tour. L'allure était plus lasse comme si cette nouvelle les avait tous abattus. Plus personne n'osait parler et les regards étaient braqués dans toutes les directions au cas où ils seraient là. L'immeuble nous apparut et en dix minutes nous serions de retour dans notre appartement de fortune. Je me retournai pour voir si Maria me suivait toujours, elle était de dos et elle semblait fixer quelque chose. Je m'avançai et regardai dans la direction qu'elle observait. Il y avait cette même silhouette. Je me crispai de tout mon corps. Quand je me ressaisis, j'empoignai ma meilleure amie à l'intérieur de l'immeuble. Nous reprîmes notre ascension toujours la tête ailleurs et surtout sur l'identité de cette forme aperçue. Deux fois en une journée, cela ne pouvait être une coïncidence, de toute façon je n'y croyais pas il y avait toujours une explication.
____Les verrous fermés derrière notre entrée, on souffla de soulagement d'être encore en vie à l'heure qu'il est. Mais alors que d'habitude on se remettrait à nos activités individuelles, Maria et moi on se regarda ayant la même question dans nos regard: Qui est-ce? Pourtant aucune des deux ne connaissait la réponse.
-Tu crois que nous sommes espionnées? Me questionna-t-elle.
-J'en ai bien peur, cependant je crois connaitre cette personne mais...
Son regard sembla encore plus traumatisé par ce que je venais de dire.
-Tu confirmes mes soupçons, tu te souviens de ce Kel que nous avons rencontré au parc?
Kel? Mais oui, voilà d'où je connaissais cette personne, mais rien qu'à l'idée que se soit celle-ci en particularité m'effrayait au plus haut point.
-Nous ferions mieux de rester sur nos gardes, me dit-elle en scrutant la fenêtre.
Je redoutais ce choix mais nous n'avions pas d'autres alternatives. Pourquoi nous espionner au lieu de nous tuer directement? D'habitude je n'hésitais pas sur cette question mais nous étions encore en vie et que nous étions probablement suivies me faisait douter. Tant de questions tourbillonnaient dans ma tête et je savais que pour à peine la moitié il n'y aurais aucunes explications.
____Le soleil se couchait [...] Cette fois si Maria et moi nous décidâmes de dormir dans la même pièce et qu'il y aurait toujours une des deux qui garderaient les yeux ouverts. Ce fut moi la première à restée éveillée. Il était bientôt minuit et je commençais à fatiguer. Avant que je n'eus le temps de tendre mon bras pour secouer Maria, une ombre bien distincte dans le coin le plus sombre de la pièce était présente, mon geste se suspendit, mon c½ur s'arrêta brusquement de battre, ma respiration devenait saccadée et mes yeux restèrent ouverts pour ne pas perdre de vue l'intrus. Je déglutis et essayai de prendre la parole, en vain. Ma voix s'était éteinte au fond de ma gorge. Tout comme moi, l'ombre ne bougeait pas et me fixait comme moi je le faisais. Ce moment sembla durer une éternité mais au moment où je fermai mes yeux pour les ouvrir une fraction de seconde plus tard, elle n'était plus là. Il était minuit. Je réveillai Maria apeurée et lui racontai tout ce qu'il venait de se passer une fois qu'elle était bien réveillée et prête à m'écouter sans tomber de fatigue. Je crus voir mon reflet se tapisser sur le visage de mon amie. Une fois nos esprits retrouvés, je lui fis part de mon plan:
-Si nous la revoyons dans la rue, nous la suivront pour savoir où elle va et peut être découvrir qui c'est.
Elle approuva d'un signe de tête. Tout le restant de la nuit, nous restâmes éveillées de peur qu'elle ne revienne. C'était tellement plus terrifiant quand elle ne bougeait pas. J'étais sûre que si elle nous attaquait, nous n'aurions pas le temps d'avoir cette sensation de peur du fait que l'action se déroulerait beaucoup trop vite pour la ressentir.
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____Le lendemain arriva et j'aurais pu croire que la nuit avait duré une décennie. Nous avions luté toutes les deux pendant tout ce temps contre la fatigue qui nous submergeait. Nos paupières devenaient de plus en plus lourdes [...] Finalement l'ombre n'était pas réapparue. Ce matin était plus frais que les autres mais le soleil était là derrière les quelques nuages. Nous étions fatiguées et je ne pris même pas la peine de manger quoi que se soit. Maria décida de se lever du canapé qu'elle avait pris pour faire le guet cette nuit. Elle voulut parler mais elle se résigna et se dirigea dans la cuisine. J'étais toute seule, sans savoir quoi faire. Je fixais le ciel sans vraiment le regarder, mes pensées m'envahissaient beaucoup trop pour que je fasse autre chose. Je pensais à cette ombre mais aussi à ma famille, cela faisait tellement longtemps que je ne les avait pas vu. Il me manquait et je me demandais où ils pouvait être à cet instant. « Mort ou encore en vie? » c'était cette question qui me nouait l'estomac. Et si ils étaient encore en vie ce qu'ils pouvaient bien faire et si ils pensaient à moi comme je le faisais pour eux. C'est maintenant que je comprends pourquoi la famille est si importante à nos yeux, c'est elle qui vous empêche de sombrer et de vous laisser penser que nous ne sommes pas seul, qu'elle est encore là pour nous. Je me levai toujours plongée dans mes pensées mais aussi dans mes songes. Dans la cuisine, je la trouvai entrain de manger sans appétit. Elle leva les yeux vers moi et pris enfin la parole:
-Le soir quand nous dormons tu n'as pas l'impression que quelqu'un nous espionne?
Elle venait de parler d'une façon très lasse que je ne connaissais pas chez elle. Avait-elle perdu espoir?
-Et bien oui pourquoi cette question?
-Parce que moi aussi.
Elle venait de me dire que elle aussi était espionnée mais par qui, ça aucune de nous deux ne le savait. Cependant personne ne pouvait entrer comme il le voulait chez nous, les verrous de la porte d'entrée bloquaient toute intrusion, du moins celle de gens normaux.
-Dés que je revois ce Kel, je le poursuis et lui saute dessus et lui demande tout ce que nous voulons savoir, s'exclama Maria, la détermination au fond de ses yeux devenus luisants.
Je réfléchissais alors à la façon dont nous pourrions le suivre car généralement il nous regardait et la seconde d'après il était déjà partit.
-Peut être que si nous allons au parc, il sera là? Proposais-je.
Elle ne répondit pas mais elle prit son gilet et se dirigea vers la porte d'entrée. Sans que je la voie, j'entendis qu'elle déverrouillait les verrous de la porte d'entrée. Je m'orientai vers la sortie où m'attendait mon amie après avoir pris soin de refermer la fenêtre que j'avais ouverte quelque minutes auparavant. Cela était devenu mon habitude de l'ouvrir et de la fermer, elle permettait un contact avec le dehors sans pour autant y être. C'est alors que depuis longtemps je la contemplai, elle avait changé. Elle avait maigri, ces yeux marrons n'avaient pas changé depuis quelques minutes et ses cheveux châtains étaient devenus longs avec le temps. Elle me tourna le dos et commença à descendre les escaliers. Je pris soin de refermer la porte et lui empoignai le pas.
____Par rapport à la veille il n'y avait pas foule. Nous reprîmes le chemin que nous avions emprunté l'autre jour pour aller jusqu'au parc cet cette fois si nous prîmes soin de ne pas se tromper de route. Durant la promenade, nous échangions quelques paroles mais depuis pas mal de temps les sujets de conversations n'étaient plus les mêmes. Le parc nous parvint et nous prîmes place toujours à la même place. Cette fois si, Maria réussit à s'assoir sur l'épaisse branche pendant que je scrutais les alentours en tentant, en vain d'apercevoir Kel. Nous resterons ici jusqu'à ce que une heure avant le couché du soleil ne vienne annoncer le couvre-feu. J'entendis Maria soupirer bruyamment avant de parler de choses que je n'aurais pas crus qu'elle aurait le cran de remémorer un jour.
-Tu te souviens quand nous étions tous rassemblés ici et que dés qu'une fille passée, Dirk se levait et commençait à la draguer?
Un sourire passa sur mes lèvres, c'était aussi ces moments là avec nos amis qui nous manquaient autant qu'à elle qu'à moi.
-Oh que oui et nos paris débiles si il allait savoir son nom ou son numéro de téléphone.
Nous rigolâmes avant que d'autres souvenirs nous parviennent.
-Tu te souviens le jour où nous nous sommes rencontrés?
Elle rigola encore plus car ce moment là avait été mémorable pour nous. C'était un jour de décembre pendant les vacances scolaires, à cette époque nous étions encore au lycée, je me souvins encore comme si c'était hier.
____Les flocons tombaient en grande quantité empêchant une bonne visibilité et nous nous étions réfugiées dans une boulangerie où déjà plusieurs personnes s'y étaient réfugiées attendant que cela se calme. Plus les minutes passaient plus les gens entraient et plus nous étions serrés et je m'étais retrouvée entre Jack et Dirk et Maria entre Kristian et Tim, derrière eux Roméo. Pour passer le temps nous avions commencé à parler et ensuite quand la tempête s'était terminée nous avions échangé nos numéros de téléphone et depuis ce jour, nous étions devenus de bons amis.
-Comment je pourrais l'oublier. Et puis rappelle toi des gages que l'on se donnait!
Je ne serais dire combien de gages nous nous étions donnés. Ils étaient tous aussi bêtes les uns que les autres... Tout ceci s'était arrêté du jour au lendemain par leur faute. Bien sur au début ils nous appelé mais ensuite plus aucunes nouvelles. Maria et moi on s'était dit que c'était impossible qu'ils soient morts... enfin c'était ce qu'on voulait croire. Le silence se réinstalla. Le vent commençait à monter et je m'adossai contre le tronc du chêne pour ne pas vaciller.
____La journée commençait à se terminer et au moment où nous décidâmes de reprendre la route, une silhouette approchait. Je la reconnus aussi tôt ainsi que Maria. Il fut à trois voir quatre mètres de nous avec sur les lèvres un sourire.
-Bonjour mes demoiselles, comment vous allez?
-Vous êtes encore perdu, rétorquais-je.
-A vrai dire j'aime bien ce parc, je le trouve apaisant. Mais que faites vous ici à une heure pareille?
-Je pourrais vous retourner la question non? Fis-je.
-Et bien j'ai mes raisons et vous?
-Nous avons les notres, répondis Maria.
-Bon et bien, bonne soirée et faites attention à vous...
Il nous dépassa et se dirigea vers la deuxième entrée du parc pour partir. Je regardai Maria qui faisait de même et nous commençâmes à le suivre en nous cachant dés qu'il se retournait, en prenant nos distances et en faisant le moins de bruit possible. Je trouvais ça bizarre que nous arrivâmes à le suivre alors qu'il était peut être l'un d'entre eux. Ce qui était encore plus bizarre était que si il faisait parti des leurs, c'est que nous étions encore en vie.
____Au bout d'une bonne heure de marche, alors que le soleil était déjà parti derrière la ligne d'horizon nous arrivâmes avec frayeur devant l'orée de la forêt devenue interdite depuis leur apparition. Maintenant j'en étais sûre...
Voilà avec un peu de retard et je m'en excuse le second chapitre.
J'espère qu'il vous a plu ^^
Une note? Un conseil? Une idée pour la suite?
Je réponds aussi à toutes vos questions ^^
Je mettrais la suite quand je pourrais =)
bisous à toutes et merci de lire cette fiction...
S'
PS: Désolée de la longueur du chapitre et normalement il est légérement plus long mais la prochaine fois je ferais en sorte pour qu'il soit moins long.